Hanoi, 4 avril (AVI) - "Tous gens épris
de paix et de liberté dans le monde d'aujourd'hui doivent au Vietnam
une fière chandelle", a déclaré Max Elbaum, dirigeant du mouvement
anti-guerre de Californie, pendant les années 60 et 70.
"Votre lutte de libération culminant avec la victoire du 30 avril
1975, et votre persévérence dans la reconstruction du pays,
encourage la réconciliation et la paix entre les peuples. C'est un
symbole d'espoir dans le monde actuel en proie à tous les dangers",
a dit Max.
Comme la plupart des jeunes qui ont grandi aux Etats-Unis dans
les années 1950, Max, aujourd'hui rédacteur en chef du journal "War
Times", a appris à l'école que le gouvernement américain
représentait la démocratie, la justice et la politique étrangère,
honnête et humaine.
Mais la vérité est ailleurs. Pendant les années 1964 et 1965,
plus il cherchait à savoir la vraie nature et la conséquence de
l'implication militaire croissante des Etats-Unis au Vietnam, plus
il était terrifié.
"L'intervention militaire américaine au Vietnam était une guerre
injuste, raciste et impérialiste. Elle n'a pas été menée pour aider
les Vietnamiens, mais pour établir le contrôle américain sur le
Vietnam et toute l'Asie du Sud-Est", a-t-il dit.
Max participe à une manifestation contre la guerre en 1966.
Bientôt, il commence à se donner la charge de parler aux Américains
de la vraie nature de la guerre et organise des manifestations et
d'autres activités anti-guerre. Jusqu'à 1969-70, il a mène
principalement ses activités dans les campus.
"Nous avons tenu des forums et colloques sur l'éducation,
distribué des documents, sponsorisé les orateurs et des
rassemblements anti-guerre. Nous avons protesté à chaque arrivée
dans nos villes d'un porte-parole du gouvernement américain", a-t-il
fait savoir.
"Nous nous sommes opposés à la complicité des écoles avec
l'armée, à la présence des institutions et des recruteurs militaires
au campus. Nous avons aidé la mobilisation des gens dans une grande
marche nationale anti-guerre à Washington à l'automne 1969", a-t-il
ajouté.
Sorti de l'université, Max et ses amis ont fondé le groupe
"Agents sanitaires contre la guerre". Ils ont distribué des
documents dans les lieux de travail, sont allés en tête aux
protestation anti-guerre, ont fait pression sur des membres du
Congrès pour couper les fonds pour la guerre, ont favorisé les
campagnes de désobéissance civile, et travaillé de près avec les
groupes de vétérans.
En 2003, Max a visité le Vietnam pendant deux semaines. Il s'est
rendu à Hanoi, Ho Chi Minh-Ville, Da Nang, Huê et au Parc
commémoratif de Son My. Il s'est déclaré très impressionné par la
façon dont les musées et monuments commémoratifs insistent sur la
solidarité de toute la population et sur la nécessité pour
l'humanité d'oeuvrer ensemble pour prévenir les atrocités de guerre.
"C'est triste de dire que les Etats-Unis ont souffert beaucoup
moins de la guerre que le Vietnam, mais plusieurs Américains
manquent encore d'esprit de réconciliation et de compassion", a-t-il
estimé.
"Je crois que les gens dans mon pays ont beaucoup à apprendre du
Vietnam. Je sais gré au peuple vietnamien des leçons d'humanité, de
justice et de ténacité qu'il m'a appris durant ma jeunesse, et pour
le renforcement de ces leçons lors de ma visite au Vietnam voici 18
mois", a-t-il conclu. - AVI