Les cordons bleus de Gramoven
Caracas, mercredi 8 Juin 2005.
Tôt le matin, à
Catia, les buhoneros installent leurs échoppes, les livreurs apportent
poissons et quartiers de viande aux épiceries. L’odeur de friture des
empanadas a déjà envahi les rues, signe que le petit déjeuner est
prêt ; « a la orden » comme disent les vendeurs de rues.
Ce quartier populaire de Caracas commence à entrer dans son ébullition
quotidienne.
La camionnette qui
nous emmène dans le secteur Gramoven, plus haut dans la colline, est
remplie d’étudiants qui partent acheter leur carnet de bus au quart du
prix normal au Nucleo de Desarollo Endogeno implanté dans le quartier.
Les résidents du
secteur Gramoven ont nommé ainsi leur lieu de vie en raison de
l’implantation de l’entreprise nationale : « Farine
Gramoven ». Depuis le haut de la butte où celle-ci est située, on
retrouve chaque jour sa production dans les assiettes vénézuéliennes.
Dans ce quartier
populaire, la misère et la faim ont fait leur œuvre, et certaines
assiettes restaient, bien souvent, désespérément vides. La pauvreté a
crû tout au long des années où les politiciens ne venaient ici que pour
présenter une longue liste de promesses qu’ils oubliaient une fois
élus.
La cantine des déshérités.
Aujourd’hui, les
bénévoles de la « Maison d’Alimentation Populaire » utilisent
aussi la farine Gramoven. Cette cantine des pauvres est située dans une
des nombreuses rues du Barrio, au pied de l’entreprise. Dans un petit
local, quatre joyeuses grands-mères s’affairent à la préparation du
déjeuner.
Cette Maison
d’Alimentation Populaire a vu le jour il y a huit mois. Fruit de la
nécessité du quartier et de l’organisation de la communauté pour y
remédier, elle offre deux repas par jour aux plus déshérités. Gladys,
une des cuisinières, nous en explique sa genèse : « Avant on
travaillait à notre compte, puis on a monté cette Casa de Alimentacion.
Pourquoi ? Premièrement pour aider ceux qui en avaient le plus
besoin et deuxièmement pour la Révolution, pour aider notre Président
dans sa gestion du pays ».
Chaque jour, 160 personnes bénéficient, midi et soir, des talents de cordon bleu de Gladys et de ses trois compañeras.
« Avant va
savoir où ils mangeaient ! On voit ici des gens de la rue mais
aussi des parents qui donnent tout ce qu’ils ont à leurs enfants et
restent sans manger. Parfois, on voit aussi des enfants... » nous
dit Augusta, coupant des oignons avec énergie.
Apres avoir ouvert
cette cantine populaire, les quatre mamies ont parcouru le quartier à
pied, rue par rue, maison par maison, pour informer ceux qui en avaient
besoin de l’existence de ce système d’entraide. Petit a petit, de plus
en plus de gens ont commencé à affluer.
Une odeur céleste
emplit la petite cuisine. Comme je m’approche des marmites, par l’odeur
alléché , Gladys m’informe du menu : « Aujourd’hui nous
sommes en train de préparer du poulet, des pâtes et des bananes
cuites...là on est en train de faire la sauce... »
La qualité des
menus est l’objet de toutes les attentions. Les médecins cubains du
Plan Barrio Adentro aident les cuisinières à élaborer des menus
nutritionnels, copieux mais sains. Chaque repas est accompagné d’un
verre de lait pour pallier les déficiences en calcium.
Lutte contre la faim.
Selon les chiffres
de la Food and Agriculture Organisation of the United Nations (F.A.O),
17% de la population vénézuélienne souffraient de sous-alimentation fin
2002 . C’est pour endiguer cette endémie que ce type d’initiatives est
née au Venezuela bolivarien. Cet exemple de la détermination des
classes populaires à s’organiser pour résoudre les problèmes de leur
communauté n’est pas isolé. Dans chaque quartier, dans chaque secteur,
de semblables initiatives ont vu le jour. Plus de 600.000 vénézuéliens
profitent de cette avancée sociale au travers de plus de 4000 maisons
d’ alimentation.
Elles sont
soutenues en ce sens par les institutions gouvernementales qui leur
procurent gratuitement les aliments et fournissent les bonbonnes de gaz
nécessaires à la cuisson. Les Mercal, supermarchés gouvernementaux dont
les produits sont vendus à un prix abordable pour tous, et le Programme
d’Alimentation (ProAl), collaborent à l’essor des Maisons
d’Alimentation Populaire. Assise au fond de la cuisine, Juana me montre
des caisses d’aliments : « le Mercal du quartier nous apporte
le lait et la viande, et les caisses de légumes que tu vois la bas,
c’est par ProAl que nous les recevons. »
Dans le Venezuela
bolivarien, les institutions demeurent au service de l’organisation
populaire. Et le véritable contrôle et la gestion des Missions ou des
initiatives comme celle des cantines populaires sont assumés par la
communauté.
Lorsque Luiz
Ignacio da Silva, en septembre 2004, présenta aux Nations Unies son
programme « Zéro Faim », Hugo Chavez, en adhérant à cette
proposition, a fait part de l’expérience vénézuélienne :
« Pour en finir avec la pauvreté et la faim dans le monde, il faut
donner le pouvoir aux pauvres. ».
Nos quatre cuisinières sont, chaque jour, derrière leurs fourneaux, pour témoigner de la pertinence de cette affirmation.
Romain MIGUS
La Caverne de Romulo Baba
Samedi 18 juin 2005
Lorsque le soleil
décide de se déchaîner et d’inonder le 23 de enero d’une chaleur
étouffante, il n’y a d’autre alternative que d’arrêter de parcourir le
quartier et de rentrer dans une des quelques tiendas pour s’y
désaltérer.
Romulo est
propriétaire de son épicerie, il l’a achetée avec son frère au mois de
mai 2002. « A peine quelques mois après, nous a surpris le
lock-out. »
De décembre 2002 a
février 2003, le pays fut paralysé. La Confédération des Travailleurs
du Venezuela alliée au patronat a déclenché un arrêt de travail
illimité. Le but poursuivit n’était en rien une augmentation salariale
ou une revendication pour améliorer la vie des travailleurs
vénézuéliens. Ces élites ont retenté ce qu’elles avaient échoué en
Avril 2002 : un coup d’État, économique celui-ci, pour en finir
avec le gouvernement révolutionnaire.
Pendant 3 mois,
l’industrie pétrolière fut sabotée et les exportations bloquées. De la
même manière que le Chili d’Allende fut sévèrement touché par la grève
des camionneurs, les préjudices éprouvés par le gouvernement bolivarien
s’élevèrent vite en milliards de dollars. La cible stratégique de cette
grève était le Peuple des barrios . Privé de tout, le Peuple va se
retourner contre celui qui leur parle d’un paradis sur terre, sans
rien, il va se retourner contre Chavez. Ainsi pensèrent-ils, méprisant
le Peuple qui savait où était son intérêt.
« Nous étions
dans une situation très, très critique. Le lock-out nous a conduit
quasiment à la faillite. Nous n’avions plus rien à vendre, absolument
rien ! Seulement du café...nous avions ouvert notre commerce pour
vendre uniquement du café ! ! Et le peuple était dans une
situation de famine. »
La tentative de
déstabilisation par lock-out fut un nouveau knock-out pour
l’opposition ! Pour Romulo et son frère, la situation s’avérait
difficile à surmonter.
« Nous
n’avions plus rien. Mais grâce à la loi sur les micro-credits, nous
avons obtenu très rapidement un micro-credit qui nous a permis de
repartir, puis un deuxième pour que nous continuions de croître.
Aujourd’hui grâce à ces crédits nous employons des personnes... »
Les banques
pratiquant le micro-credit prêtent de l’argent aux plus démunis qui
n’offrent aucune garantie de remboursements et qui sont totalement
rejetés par les conditions traditionnelles de prêts. Ce petit pécule
d’investissement leur permet de développer leur propre
micro-entreprise, acheter une vache,... Du Bengladesh au Venezuela, du
Vietnam au Mali, certaines études montrent que le micro crédit concerne
à 70% les femmes et le taux de recouvrement est de 98%. Cela en fait un
instrument efficace de lutte contre la pauvreté.
Au Venezuela, la
loi sur le micro-credit oblige toutes les banques à consacrer un
certain pourcentage de leur prêt au micro-credit. De plus, plusieurs
banques se consacrent particulièrement à cette activité . L’
introduction de cet instrument dans l’économie vénézuélienne par le
gouvernement bolivarien a en tout cas permis à Romulo et sa famille de
ne pas tomber dans la misère.
« Face à la
situation désastreuse pour le Peuple provoquée par le lock-out, le
gouvernement se rendit compte qu’il fallait reprendre les cartes en
main, ainsi naquit MERCAL, et je peux te dire qu aujourd hui je suis
fier de participer à cette expérience »
Le réseau
d’alimentation MERCAL fut créé pour ne plus uniquement dépendre de
l’approvisionnement privé en produits de première nécessite. Mais comme
nous le confirme Romulo, ce n’est pas seulement un réseau
gouvernemental d’alimentation : « Nous sommes un MERCAL type
1, c’est à dire que nous vendons seulement certains produits, nous
touchons énormément de gens, mais pour le reste il y a les MERCAL du
gouvernement »
Les produits du
réseau MERCAL proviennent pour partie des coopératives d’agriculteurs
favorisées par la reforme agraire. Les MERCAL leur assurent donc un
débouché commercial dans un secteur dominé par les grandes sociétés
agro-alimentaires. La conséquence à la vente s’impose
d’elle-même : « Il y a une différence de prix de 50 a 60% en
moins par rapport aux marques traditionnelles, et la qualité est très
bonne...Pour mon épicerie, ça m a fait augmenter des ventes, parce
qu’avant il y avait des gens qui ne pouvaient venir chez moi...c était
trop cher »
Comme bien souvent,
c’est aux personnes du barrio que revient la promotion des mesures
gouvernementales. La nouvelle de l’implantation d un MERCAL typo 1 dans
l’épicerie de Romulo s’est propagée comme une traînée de poudre. Plus
efficace qu’un sondage, ou qu’une analyse politique, l’adhésion à une
mesure gouvernementale se mesure par la rapidité et la force avec
laquelle le Peuple s’en empare.
Romulo et son frère
sont un bon exemple de la vie quotidienne de commerçants bolivariens.
Lock-out, Micro-credit, Mercal, entre l’Histoire contemporaine et les
tentatives du gouvernement d’avancer sans oublier personnes, leur vie
se colle a celles de leur barrio et du Venezuela bolivarien.
« Sans être
dans aucune organisation de base, nous avons le sentiment de participer
à la politique de ce pays...Le 23 de enero change, les gens proposent
des solutions et trouvent des interlocuteurs . C’est incroyable, et
pour ça, j appuie tout à fait mon président, Hugo Chavez.....tu sais,
il faut pas croire, il y a aussi des gens de la classe moyenne comme
nous qui le soutiennent ! ! »
Romain MIGUS
Le poumon de l’ alternative économico-social
Samedi 18 juin 2005
Les Nucleos de Desarrollo Endogeno
sont des complexes construits pour améliorer la qualité de vie des
habitants du quartier. Un autre modèle de croissance économique se
développe au cœur de ces entités, afin de diversifier l économie
vénézuélienne essentiellement basée sur le pétrole. Mais ce sont
surtout de véritable laboratoire d organisations populaires et de
transformations sociales.
Bien avant l’
ouverture du Nucleo de Desarrollo Endogeno, situé à Gramoven, une
longue file d’ attente se forme devant la porte. Mères de familles,
ouvriers des coopératives, étudiants, sans-emploi,... attendent que les
portes s’ ouvrent sur les nombreux projets sociaux que comptent cet
espace.
Implanté sur les
collines de Catia, barrio populaire de Caracas, le Nucleo de Desarollo
Endogeno Fabricio Ojeda a une histoire récente.
Cet espace
industriel était auparavant une propriété de PDVSA abandonnée depuis 12
ans. Fin 2003, le Président Chávez proposa de remplacer ces
installations vacantes par un Nucleo de Desarollo Endogeno, fer de
lance d’ une économie solidaire et d’ un développement durable.
La communauté s’
est organisée et l’aménagement du centre a été décide démocratiquement
au cours d’ une assemblée. Plusieurs étapes de construction et de
réalisations de projets ont été décrétées. Le 24 mai 2004, le premier
coup de pioche a résonné dans la vallée de Caracas. La première étape
du centre Fabricio Ojeda venait d’ être lancé.
La construction du
centre fut le fruit d’ un partenariat entre les coopératives de
construction du quartier et les ingénieurs de l’ armée vénézuélienne.
« Notre coopérative a construit toutes les structures métalliques
et 80% des terrains de sport. Nous l’ avons fait main dans la main avec
les ingénieurs militaires. Cette œuvre est le résultat de l’ union
civico-militaire » nous explique Juan, membre d’ une des
coopératives qui ont participé a l’ édification du Nucleo de Desarollo
Endogeno.
La première étape de ce centre comprend une dizaine de projets que l’ on pourrait regroupé en 3 secteurs.
Le secteur de la santé.
Le Nucleo compte
deux pharmacies populaires ou les clients bénéficient d’ une remise de
85% par rapport aux prix habituelles des médicaments, ce qui fait le
bonheur de Carmen, venue de la colline voisine : « mon fils
est malade, sans la pharmacie populaire je ne pourrais pas lui acheter
ce dont il a besoin. » Ces deux pharmacies attirent chaque jour, à
elles deux, 210 personnes.
L’ une de ces deux
pharmacies est installée à l’ ombre d’ un large édifice. A l’ intérieur
de ce dernier se trouve la clinique populaire. Elle accueille les
patients souffrant d’ un mal trop grave pour être pris en charge par
les médecins de Barrio Adentro.
La technologie de
pointe du matériel utilise dans la clinique fait taire tous les
mensonges médiatiques faisant de ce lieu une clinique de seconde zone.
Spécialisé en
pédiatrie, gynécologie, traumatologie, rayon X, soins dentaires et
disposant aussi d’ un laboratoire, la clinique populaire Fabricio Ojeda
accueille 150 personnes par jours et emploient directement 92 habitants
du quartier.
Considéré comme un
élément de santé publique, et intégrant le Plan Barrio Adentro, le
sport n a pas été oublié du complexe Fabricio Ojeda. Deux terrains
multisports accueillent les jeunes et les moins jeunes désireux de
préserver un mens sana in corpore sanum.
Le secteur des coopératives.
La première étape
du développement du Nucleo Fabricio Ojeda compte trois coopératives.
Les ouvriers de ces coopératives ont tous été formés dans leurs
spécialités par la Mission gouvernementale Vuelvan Caras. Ce programme
qui vise a donner une formation et une intégration professionnelle au
sein d’ une coopérative aux chômeurs du pays a permit a 286.000
lanceros de se reclasses dans une des 6096 coopératives que compte le
Venezuela.
La Coopérative
Cipriano Castro, composé de 200 lanceros, est une coopérative agricole,
implantée sur la colline adjacente. Sa production n’ est pour le moment
pas destiné à la vente. Elle reste artisanale et contribue à la
formation de nouveaux agriculteurs ou au loisir des personnes âgées.
En revanche, les coopératives Venezuela Avanza et NUENFAO ont quant à elle une vocation commerciale.
La première est une
coopérative de confection de textile. Formée par 280 lanceros ou plutôt
lanceras dans ce cas, elle fabrique chemise, uniformes scolaires ,
draps... Lors de notre visite, les travailleuses de la coopérative sont
en assemblée générale. « Ce n est pas seulement une réunion
ordinaire, me confie Wikelman, le président du NDE, la plupart de ces
femmes n’ ont jamais eus accès a la gestion de leur entreprise, elles
apprennent aussi a prendre la parole publique et a s’ autogérer. »
Les 139 employés de
la coopérative NUENFAO produisent des chaussures. Chaussures scolaires
ou rangers pour l’ armée, bottes pour les mineurs de l’ Orénoque, la
coopérative fonctionne pour l’ instant avec les institutions
gouvernementales qui lui assurent un débouché commercial. Mais la vente
à des partenaires privées n’ est pas exclus par les responsables.
La chaîne de production de ces deux coopératives a été installée par PDVSA. [1]
Comme nous l’ avoue Eleana, une des responsables du NUENFAO :
« PDVSA a installé les machines mais ils n’ ont pas été très clair
pour ce qui est de savoir s’ ils nous les vendent, quand vont-ils le
faire et a quel prix. Enfin, l’ essentiel, c est qu’ on puisse
travailler... »
Le secteur de la démocratie solidaire et participative.
Les étudiants qui
formaient la majeure partie de la file d’ attente matinale attendait l’
ouverture du guichet leur permettant d’ obtenir des tickets de bus au
quart du prix normal, rendant possible leur déplacement jusqu à l’
université.
De même, un Super
Mercal est installé dans le Nucleo de Desarrollo Endógeno. Cette chaîne
de distribution d’ alimentation gouvernementale a vu le jour au
lendemain du lock-out patronal de 2003-2003 qui avait paralysé le pays
et affamé la population des barrios. Ces lieux de vente sont le
débouché commercial de beaucoup de coopérative agricole. Les prix a la
vente s’ en ressentent et sont inférieurs à plus de 50% à ceux des
marques des grandes transnationales agro-alimentaires. Chaque jour,
plus de 600 personnes viennent faire leurs courses au Supermarché
Mercal Fabricio Ojeda.
Non loin du Super
Mercal, trône la Place Communautaire. Située au centre du complexe,
elle est lieu de parole, d’ échanges démocratiques. Du haut des gradins
construits autour, nous contemplons cette véritable agora ou sont
discuté chaque décision avec l’ ensemble de la communauté. C’ est ici
que tous les mercredis se tient l’ assemblée générale du NDE, ou chacun
est invité à donne son avis, à faire part de ses projets. Fort souvent,
elle est le lieu de manifestations culturelles ou sert de réunion au
organisations locales.
Transfert du pouvoir.
Le développement
endogène est un système économique alternatif dont le but est de
diversifier l’ économie pétrolière du Venezuela. Il inclue une
participation active de la communauté à la transformation structurelle
du pays. C’ est de la communauté que partent les décisions en vue d’
améliorer la qualité de vie de tous, de préserver l’ environnement et
de garantir le bien être social.
Aujourd’hui 40.000
familles profitent de l’ implantation du Nucleo de Desarollo Endogeno
Fabricio Ojeda. Espace social mais aussi espace politique, il symbolise
la prise en main par la communauté de son devenir.
« C est un
lieu de transfert du pouvoir » nous dit Wilkelman. Fort du soutien
logistique que leurs apporte le gouvernement les familles du barrio s’
autonomisent au sein de nouvelle structure.
De ce fait, le
cadre traditionnel du pouvoir s’ en trouve bousculé. Il s’ échappe des
fenêtres des palais et des ministères pour se livrer au main du peuple
vénézuélien, qui n’ entends pas s’ arrêter la. La seconde étape de
développement du NDE Fabrizio Ojeda a été arrêtée. Elle comprendra une
Ecole bolivarienne, une cantine populaire, une Maternelle Simoncito,
une cafeteria et un auditorium. La communauté a tranché et a considéré
que ces futures implantations étaient les plus nécessaires à leur lieu
de vie commun.
Ce complexe est
réalisé par le Peuple, pour le peuple et avec le peuple. La façon dont
les personnes s’ emparent du lieu en témoigne. Face a cet homme, pris
en flagrant délit en train de jeter un papier par terre, 3 femmes le
sermonnent : « Mais qu’ est-ce que tu es en train de
faire ? Si on ne fait pas attention à ce lieu nous même, personne
ne le fera ! »
L’ homme se baisse,
ramasse ses détritus : « excusez moi c’ était un
reflex. ». Changer les habitudes, en finir avec certains
conditionnements culturels nuisible à l’ entourage, le Nucleo de
Desarollo Endogeno est décidément plus qu’ un seul complexe social.
Romain MIGUS
La haute technologie médicale mise au service du Peuple
Samedi 18 juin 2005
Fuerte Tiuna peut
paraître un village, inscrit dans la métropole de Caracas. Au cœur de
cet espace vert est implantée la plus grande caserne du Venezuela.
Haras, Ecole
Militaire, baraquements, Hôpital, terrain de sport, auditorium,
monuments historiques et le Ministère de la Défense forment ce grand
ensemble, voisin du barrio El Valle.
En avril 2002, lors
de l’éphémère coup d’État, Hugo Chávez y fut emprisonné avant d’être
envoyé sur l’île de La Orchila. Ce fut devant ce lieu que ce
concentrèrent plus d’un million de Vénézuéliens, le 13 avril, pour
rappeler aux militaires, avec le succès que l’on sait, leurs devoirs
constitutionnels.
Il y a encore
quelques années, pénétrer dans cet espace militaire pour un civil
n’était pas chose aisée. Aujourd’hui, au nom de l’union
civico-militaire, Fuerte Tiuna s’est ouvert à tous et chacun peut
désormais profiter du Centre de Diagnostique Intégral installé en ce
lieu.
Les Centres de
Diagnostiques Intégral (CDI), forment avec les Salles de Réhabilitation
Intégrales (SRI) et les cliniques populaires la deuxième partie de la
mission Barrio Adentro.
Lors de son
allocution télévisée du dimanche 12 avril, le Président Hugo Chávez a
donné le coup d’envoi officiel de la mission Barrio Adentro II et
annoncé l’ouverture dans le pays de 30 CDI et 30 SRI, premier pas vers
l’objectif d’implanter 1200 de ces centres médicaux de haute
technologie avant la fin de l’année.
Les moyens de Barrio Adentro II.
Le but des CDI est
de décongestionner les hôpitaux traditionnels pour offrir un meilleur
cadre de soins aux patients. Dotés d’un service d’urgences, ils
fonctionnent 24h/24 et 7j/7.
Le CDI de Fuerte
Tiuna a pu bénéficier d’une structure préexistante au sein de l’espace
militaire. Après des semaines de travaux, il comprend, comme tous les
CDI du pays, un laboratoire, un centre de thérapie intensive, un espace
chirurgical, d’ophtalmologie, une salle de soins dentaires, une autre d
électrocardiogramme pour traiter les problèmes de cœur, empêcher les
infarctus. Rayon X et ultrasons font aussi partie de l’arsenal
technologique mis au service du Peuple vénézuélien.
Comme nous le
résume Leonor Franco, coordinatrice de la Mission, « Barrio
Adentro II doit profiter à l’ensemble des Vénézuéliens. Jusqu’à
maintenant ce genre de matériel ne se trouvait que dans les cliniques
privées, le peu qui se trouvait dans le secteur public était en voie de
privatisation. »
Pour le moment ce
sont 15 médecins Cubains qui s’occupent du fonctionnement du CDI de
Fuerte Tiuna, mais de nombreux médecins Vénézuéliens se sont portés
volontaires pour travailler dans de tels cadres médicaux, y et ce
malgré une condition impérative au travail : vivre à côté du
centre médical. Le ministère de la santé prépare actuellement leur
introduction dans ce système.
L’implantation
géographique des CDI cherche à ce que le plus grand nombre de
communautés en bénéficient à travers le pays, et ce avec la plus grande
efficacité. En sortant de ce centre de santé, Lina nous explique la
situation antérieure : « Avant je devais aller loin de chez
moi pour ce genre de soins. Il y avait de longues files d’attente, tu
devais prendre un ticket et attendre ton tour, y compris en cas
d’urgence. Ici c’est plus facile, plus rapide et en plus tu bénéficies
d’une attention spéciale. »
Les SRI s’occupent
quant à eux des soins qui réclament une attention spécifique et
s’inscrivent dans la durée. Traumatismes ou problèmes moteurs,
gynécologie, podologie,... sont traités dans ces centres qui proposent
à coté de leurs moyens technologiques de pointe, des méthodes liées aux
médecines naturelles et traditionnelles. Le laser côtoie l’acupuncture,
les ultrasons voisinent avec l’hydrothérapie et l’ostéopathie. La
science et le savoir traditionnel et artisanal se réconcilient au sein
de cet espace pour apporter le maximum de solutions aux maux des
patients.
Développer et coordonner un service public de santé de qualité.
Nés de la
coopération entre le Venezuela et Cuba au sein de l’Alternative
Bolivarienne pour les Amériques (ALBA), les CDI, SRI et les cliniques
populaires offrent à tous les Vénézuéliens sans distinction de classe
ou de couleur politique des centres médicaux publiques et gratuits de
qualité. Forts de l’expérience cubaine en matière de santé, les
complexes de la Mission Barrio Adentro II disposent d’un matériel
technologique de pointe
La Mission Barrio
Adentro I a permis l’implantation dans les quartiers populaires de 8500
modules de santé délivrant une médecine préventive et généraliste.
Aujourd’hui, les centres de Barrio Adentro II collaborent au transfert
des cas que le médecin du module n’a pas les capacités techniques de
traiter. Mais plus que cette collaboration, ce sont toutes les
personnes munies d’une ordonnance d’un organisme publique qui peuvent
bénéficier gratuitement de cet accès au centre de haute technologie. La
classe moyenne n’est donc pas oubliée dans l’effort social du
gouvernement de tous les Vénézuéliens.
Le ministère de la
santé, l’Institut Vénézuélien de Sécurité Sociale (IVSS), l’Institut de
Prévision du Ministère de l’Education (IPASME), la Mission Cubaine et
le Ministère de l’Habitat (pour la construction de nouvelles
structures) ont rendu possible ce salto adelante.
Selon les
prévisions du Ministère de la Santé, 23.760.000 cas devraient être
traités dans les CDI et SRI au cours de l’année 2005.
Le gouvernement
bolivarien entend consacrer 7% de son P.I.B aux dépenses de santé dans
les années qui viennent, la reconstruction du système public ne fait
que commencer.
Romain MIGUS.
Source : Cercle Bolivarien de Paris http://cbparis.free.fr

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